Observation2

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A l’automne

Automne, ô renouveau !

L’automne, coincé entre deux saisons délicates pour observer la nature, est perçu par le naturaliste comme un second printemps. Après les écrasantes chaleurs estivales, la température s’allège et la vie sauvage en profite pour « prendre l’air ». Il est alors agréable d’attendre la tombée de la nuit pour apercevoir le va et vient des mammifères nocturnes. De jour, les jumelles s’activent lors du rassemblement de ces jeunes oiseaux prêts pour accomplir leur première migration guidés par les anciens plus expérimentés. Pourtant la nature méditerranéenne leur propose toujours de goûter à ses bons fruits sauvages encore gorgés de soleil. Malgré tout certains arbres se dénudent peu à peu laissant alors entrevoir l’oiseau discret et presque invisible en d’autres circonstances…Cela dit, soyons vigilants au retour de la pluie qui entraine avec elle  tous ces amphibies qui marchant et bondissant ne se soucient guère de regarder à droite ou à gauche avant de traverser ! Oui mais est-ce réellement leur faute ?

Au cœur de la nuit…

Heureux celui ou celle qui l’aperçoit autrement que dans le faisceau lumineux des phares de sa voiture, traversant par petits bonds une route de campagne ! La Genette commune (Genetta genetta) unique représentant de la famille des Viverridés en Europe, est un mammifère des plus discrets et de surcroît nocturne, ce qui rajoute à la chose…

Chanceux celui ou celle qui en se baladant repère son crottier, endroit fixe et indice ultime de sa présence. Alors, il ou elle aura loisir, les soirs de pleine lune, de tenter, en gardant bonne distance, une observation prolongée.

Il ou elle détaillera une anatomie proche de celle du chat mais avec un museau plus pointu, des oreilles plus grandes et une queue plus longue annelée de noir et de blanc. Arrivée sur notre continent au VIIIème siècle lors de l’invasion des Sarrasins, le sud-ouest de la France accueille aujourd’hui la plus importante population en Europe.

Ecureuil
Ecureuil
Jeune Hirondelle rustique
Jeune Hirondelle rustique

De la vase au grand voyage…

Rappelez-vous : « Colchiques dans les près, c’est la fin de l’été ». Seraient-elles les seules à nous indiquer l’arrivée de l’automne ? Bien sûr que non ! Les Hirondelles qui « fleurissent » sur les fils électriques nous l’annoncent aussi à leur manière. L’Hirondelle rustique (Hirundo rustica) arbore une gorge de couleur rouille et une queue nettement fourchue. Plus petite que sa cousine, l’Hirondelle de fenêtre (Delichon urbicum) se reconnaît aisément à son croupion blanc.

Toutes deux après avoir séjourné chez nous et assuré leurs descendances repartent pour un long voyage jusqu’au sud de l’Afrique. Ce sera pour un temps leur zone d’hivernage. Et dire que les premiers naturalistes expliquaient cette « disparition » par la soi-disant capacité des Hirondelles à s’envaser pour résister à la mauvaise saison. Ce n’est qu’un siècle après Pierre Paul Riquet, que le Comte de Buffon évoqua enfin la migration des oiseaux et réfuta cette théorie.

Crapauducs et vitesse modérée…

L’automne en région méditerranéenne rime avec le retour des pluies. Bien sûr tout le monde sait que : « Quand il mouille c’est la fête à la grenouille… ». Mais en réalité ce sont tous les amphibiens qui en profitent. Ces animaux capables de vivre à la fois dans l’eau et à l’air libre comme les salamandres, les rainettes ou autres crapauds. Si dans l’humidité relative de leur petite mare ils ne risquent pas grand-chose, il n’en est pas de même lorsqu’ils se baladent le soir venu sur la terre ferme. En effet intéressons nous au seul Crapaud commun (Bufo bufo) et nous nous apercevrons vite que sur un secteur précis et pendant une période donnée, des centaines d’individus risquent leur vie en traversant une route. Un bon moyen d’éviter le carnage c’est par exemple de lever le pied lorsque nous roulons de nuit et par temps pluvieux. De plus si cette bonne attitude est complétée d’aménagements efficaces comme la création de Crapauducs, petits tunnels écologiques guidant les amphibiens vers des passages souterrains, alors là me direz-vous, « coa » de mieux !

Faune - Martin Pêcheur - Canal du Midi - Sandra Bérénice Michel (2)

L’oiseau à trois pattes…

Immobile sous ce vieil arbre, la tête penchée en arrière pour mieux fixer des yeux la branche morte qui se trouve à la cime, je guette le mouvement de cet oiseau pour l’identifier à coup sûr. Si je ne m’abuse il s’agit du plus petit de sa « catégorie » et il n’est pas si commun de le croiser au cours d’une balade. Voilà, il vient de se décaler légèrement. Je vois maintenant sa silhouette à « trois pattes », caractéristique. C’est sûr c’est bien lui, accroché à l’écorce grâce à ses longs doigts griffus et à la robustesse du plumage de sa queue qui, appuyée contre le tronc lui sert réellement de troisième point d’appui. Le Pic épeichette (Dryobates minor) grand comme un moineau n’en est pas moins un digne représentant de la famille des Picidés et par conséquent, parfaitement adapté à la vie arboricole. Gourmand de larves xylophages il se nourrit sur les parties hautes des arbres laissant ainsi les étages inférieurs à ses cousins plus volumineux comme le Pic épeiche (Dendrocops major) ou le Pic vert (Picus viridis).

L’automne, la saison des fraises…

Oui, vous avez bien lu ! C’est en automne que les fruits de l’arbre à fraises sont prêts à être dégustés. L’arbre à fraises ! Mais qu’es acquo ? C’est tout bêtement l’autre nom de l’Arbousier (Arbutus unedo) qui porte bien des arbouses et non pas des fraises… C’est en réalité un arbuste, très utile en cette saison puisqu’il fournit le couvert aux animaux frugivores et omnivores. Ceux qui l’observent pour la première fois, sont surpris de constater sur les branches la présence simultanée de fleurs et de fruits… La réponse à ce mystère est somme toute assez simple, les fleurs sont de l’année et les fruits de celle passée. Il leur faut en effet un an pour se développer totalement. Alors pourquoi arbre à fraises ? Pour expliquer cela regardons vers un autre continent : l’Asie. Il existe là-bas un fruit nommé fraise chinoise qui ressemble, hormis la couleur, énormément à notre arbouse méditerranéenne.